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Startups et grands groupes – Reportage

Startups et grands groupes – Reportage

Posté le 22 novembre 2019

(suite de l’article précédent)

#2 Innogeneration

TCWH était présent à Innogénération en octobre, le grand show annuel de BPI France à Paris.

                

Beaucoup de micro-évènements et de master class intéressants à Innogeneration 2019 comme chaque année. TCWH s’est intéressé à la session sur les « relations entre les grands groupes et les start-up ». Plusieurs représentants d’accélérateurs et des créateurs d’entreprises témoignaient de leurs expériences.

La relation groupe-startup a été présentée avec un spectre qui s’étend de la relation client-fournisseur jusqu’au M&A en passant par la prise de participation minoritaire qui permet pour un grand groupe de s’assurer que la start-up va rester focalisée sur le marché qui l’intéresse.

Le groupe va guider la startup vers le marché. Au moment de l’amorçage (premier tour de table) l’idéal serait d’avoir des investisseurs institutionnels qui vont permettre l’industrialisation et le démarrage de la commercialisation. Dans ce cas c’est au deuxième tour de table, en Série A que les grands groupes s’intéressent à rentrer au capital. La start-up va se poser la question de l’intérêt de faire rentrer un grand groupe au capital. C’est clairement un accélérateur de croissance. Cette participation va créer un terrain favorable par exemple en donnant confiance aux clients qui pourraient avoir des hésitations à se fournir auprès d’une petite entreprise. Il ne faut pas que le groupe ait accès à la structure de coûts de la start-up et le pacte d’actionnaires doit être bien rédigé de façon à ce que le groupe ne défavorise pas l’entreprise à son profit. Quand on a la chance d’avoir des investisseurs institutionnels au capital leur expérience sera de bon conseil concernant l’acquisition de capital par un grand groupe.

Dans la Deeptech les grands groupes interviennent très tôt car un grand groupe client est indispensable à la fois d’un point de vue financier en aidant à créer un track record qui va attirer les investisseurs mais aussi pour l’industrialisation du produit via la mise en œuvre de POCs.

L’initiative de Safran est intéressante. Leur stratégie relationnelle avec les startups est représentative des choix d’innovation des grands groupes. La philosophie de collaboration est basée sur un prérequis n°1 qui est l’unicité technologique. C’est l’intérêt business qui est validé en amont de toute réflexion. Safran a mis en place plusieurs dispositifs de collaboration avec les startups : Open innovation via la R&D et les achats ; Intrapreneuriat ; R&D ; Safran Corporate Ventures.

Depuis 2015 leur démarche va en effet plus loin dans l’engagement via Safran Corporate Ventures dont la mission première est de prendre des participations minoritaires dans des startups sélectionnées par un comité consultatif et un comité d’investissement. Selon le représentant de Safran « ce n’est pas du pré M&A mais bien une volonté de collaborer ». Le métier du capital risque est difficile, c’est donc « une preuve de confiance et une forme d’engagement dans le temps qui a de la valeur ». Car l’objectif est d’assurer une pérennité des investissements. Le principe de Safran est de co-investir aux côtés d’un acteur financier. Et très récemment le comex de Safran a décidé d’aller encore plus loin dans l’investissement stratégique en donnant aux équipes de SCV la nouvelle mission d’investir également dans des fonds très ciblés afin de s’assurer une présence dans la Deeptech et dans certaines zones géographiques.

Cet atelier était à l’image d’Innogénération : beaucoup de témoignages de l’écosystème français des accélérateurs et des créateurs d’entreprise et un grand brassage d’expertises et de conseils sur un mode décontracté mais très professionnel et connecté à l’actualité du business mondial. Passionnant.

TCWH, octobre 2019.